Logo l'Autan des Livres

L'Autan des Livres

- Tourner les pages au gré du vent ! -

Paradis perdus – Eric-Emmanuel Schmitt

Bonjour à tous,

Pour ce nouveau livre, je fais de nouveau appel à un écrivain que j’affectionne particulièrement : Eric -Emmanuel Schmitt.

Celui qui reconnaît s’être lancé « dans un projet fou » s’appuie, pour la trame de son roman, ( l’histoire de l’humanité) sur les dernières avancées de l’histoire et des sciences. Une épopée littéraire dont le romancier a déjà rédigé une trame pour… 5000 pages ! Avec des rebondissements et des surprises jusqu’au bout !

Etant abonnée au quotidien régional je découvre justement une interview de ce romancier dans une de ses pages, je ne résiste pas à la mettre en ligne pour appuyer mon choix de ce mercredi.

Bonne lecture, oui, je sais plus de 500 pages, mais on ne s’en aperçoit pas, « ça coule » ! c’est magnifique.

Sylvie pour l’Autan des Livres

P.S. Si vous aussi vous voulez présenter un livre, n’hésitez pas, nous le mettrons sur le site avec plaisir.

Notes de l'éditeur

La Traversée des temps lance un défi prodigieux : raconter l’histoire de l’humanité sous une forme purement romanesque, entrer dans l’Histoire par des histoires, comme si Yuval Noah Harari croisait Alexandre Dumas…

Ce projet titanesque anime Éric-Emmanuel Schmitt depuis trente ans, une aspiration qui a fini par creuser un chemin de vie. À l’ombre de ses autres textes (romans, nouvelles, théâtre, essais), il y a travaillé sans relâche, amassant des connaissances historiques, scientifiques, religieuses, médicales, sociologiques, philosophiques, techniques, tout en laissant son imagination créer des personnages forts, touchants, inoubliables, auxquels on s’attache et l’on s’identifie.

De cette synthèse entre sa formation intellectuelle et son talent d’écrivain naît une œuvre unique qui nous mène d’un monde à un autre dans le craquement des cultures, cernant les moments où des accidents, des évolutions, des révolutions modifient les civilisations. Et chaque fois, le présent éclaire le passé, tout autant que les temps révolus révèlent l’ère contemporaine.

Cette incroyable traversée commence au déluge et se poursuit à notre époque. À travers leurs amours et leurs luttes, des personnages clés incarnent les événements ou les mutations majeurs.

Chacun des huit titres de cette immense aventure éditoriale s’attache à un âge décisif de l’Histoire humaine : 1. Paradis perdus (fin du néolithique et déluge) ; à paraître : 2. La Porte du ciel (Babel et la civilisation mésopotamienne) ; 3. Le Soleil sombre (l’Égypte des Pharaons et Moïse) ; 4. La Lumière du bonheur (la Grèce au IVe siècle av. J.-C.) ; 5. Les Deux Royaumes (Rome et la naissance du christianisme) ; 6. La Mystification (l’Europe médiévale et Jeanne d’Arc) ; 7. Le Temps des conquêtes (la Renaissance et la découverte des Amériques) ; 8. Révolutions (Révolutions politiques, industrielles, techniques).

Extrait :

Un frisson.

D’abord un frisson.

Insistant, le frisson pèse, file, s’étend, lézarde, se multiplie, devenant deux, quinze, cinquante frissons qui conquièrent la peau, réveillent les sens.

L’homme ouvre les paupières.

La nuit… Le silence… La fraîcheur… La soif…

Il regarde les ténèbres alentour. L’obscurité l’épouvanterait s’il ne savait où il se situe. Recroquevillé sur le calcaire humide, il inspire l’air tonique, revigorant, qui emplit ses poumons et ranime ses entrailles. Volupté d’exister… Comme c’est bon, une renaissance ! Meilleur qu’une naissance…

Leur tâche achevée, les frissons se dissipent : l’homme a pris conscience de son corps.

Renonçant à la position fœtale, il se tourne avec précaution sur le dos et, minutieusement, se concentre sur diverses parties de son anatomie. Guidés par sa volonté, ses bras se hissent au-dessus de son visage, ses doigts se plient, leurs cartilages craquent, ses mains descendent, caressent sa poitrine, parcourent son ventre, effleurent la toison qui le termine, frôlent le sexe tiède. Il ordonne à ses chevilles de s’assouplir, lève les pieds, les incline à droite, à gauche, exécute des cercles puis remonte les cuisses contre son torse. Tout obéit à merveille. Souffre-t-il d’une séquelle, d’une gêne quelconque ? Sa palpation scrupuleuse lui confirme qu’il ne porte pas même une cicatrice. Son organisme de vingt-cinq ans lui est rendu intact.

– Noam…

Son nom vibre dans la cavité opaque. Ouf ! Sa voix fonctionne aussi.