Bonjour à tous,
Le livre du « mercredi confiné » du 10 mars est présenté par Jean-Michel : Les Aérostats d’Amélie Nothomb.
10 mars… bientôt le printemps mais aussi bientôt un an que nous nous retrouvons chaque mercredi … par ordinateur interposé 🙁
Allez ne nous laissons pas aller au désespoir ! Bientôt, nous serons vaccinés, le beau temps reviendra et le temps de se retrouver en présentiel également, nous en rêvons vraiment ! c’est pour bientôt ! Mais d’ici là, prenez soin de vous !
Sylvie pour l’Autan des Livres

L'auteur :
Amélie Nothomb, née le 9 juillet 1966 à Etterbeek Belgique est une romancière belge d’expression française.
Auteure prolifique, elle publie un ouvrage par an depuis son premier roman, Hygiène de l’assassin (1992)1. Ses romans font partie des meilleures ventes littéraires et certains sont traduits en plusieurs langues. Stupeur et Tremblements remporte en 1999 le grand prix du roman de l’Académie française. Ce succès lui vaut d’avoir été nommée commandeur de l’ordre de la Couronne et, sur la proposition du Vice-premier ministre et Ministre des Affaires étrangères, le roi Philippe lui accorde la concession du titre personnel de baronne. En 2015, elle est élue membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.
Les aérostats :
Par Christophe Henning
L’intrigue est simple : Ange, étudiante de 19 ans, est engagée pour donner des cours particuliers à Pie, lycéen de 16 ans. L’adolescent sait lire mais n’a jamais ouvert un roman. La mission est donc de lui donner le goût de lire, en quelque sorte, à rebours de la désaffection ambiante : « Nous vivions une époque ridicule où imposer à un jeune de lire un roman en entier était vu comme contraire aux droits de l’homme », constate, effarée, la narratrice, qui fait immanquablement penser à Amélie Nothomb, elle-même répétitrice durant ces études à Bruxelles.
La leçon commence par Le Rouge et le Noir, se poursuit avec L’Iliade et l’Odyssée… Il faut lire et apprécier : « Parce que en plus il faudrait que j’en pense quelque chose ? », s’indigne l’élève. Les leçons se succèdent dans la maison bourgeoise, cossue et sinistre, dotée d’une riche bibliothèque inusitée. Et les avancées sont surveillées de près par Grégoire Roussaire, père autoritaire et manipulateur, par Donate, la colocataire d’Ange. Chacun veut percer le mystère qui se joue au plus intime dans la lecture et dans la confrontation du maître et l’élève. Éloge de la lecture, le roman très dialogué ouvre les pensées de personnages étranges dans un monde ordinaire, institue la littérature comme un monde à part et parallèle, bientôt plus vrai que le réel.
La quatrième :
« La jeunesse est un talent, il faut des années pour l’acquérir. »
Extraits :
Je me levai.
— Cela suffira pour aujourd’hui, dis-je. Pour la prochaine fois, je veux que vous ayez fini Le Rouge et le Noir.
— Il va me falloir des semaines ! s’écria-t-il.
— Votre père veut que je vienne chaque jour.
Théoriquement, il faudrait que vous l’ayez lu pour demain. Et c’est extrêmement possible.
— Attendez ! protesta-t-il. J’ai jamais lu un bouquin de ma vie et vous, vous voudriez que j’aie achevé ce pavé demain ?
L’objection me parut recevable.
— Je reviendrai donc après-demain. Au revoir.
Je quittai le garçon effondré qui ne me salua pas.
