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- Tourner les pages au gré du vent ! -

Crénom, Baudelaire – Jean Teulé

Bonjour à tous !

Petit moment littéraire de la semaine ! Comme je vous l’avais presqu’annoncé la semaine dernière, voici le livre de la semaine :

Crénom Baudelaire de Jean Teulé !! 

Entre vos préparatifs de Noël gardez un petit moment pour plonger dans l’univers de ce poète « hors norme » …

Bonne lecture, joyeux noël à tous..

Prenez soin de vous !

A l’année prochaine !  et que 2021 soit plus douce, en tous cas je vous le souhaite à tous !

Sylvie pour l’Autan des Livres

Crénom, Baudelaire

Résumé

Un portrait à la fois truculent et touchant

Les vers de Charles Baudelaire sont fougueux et consolants, d’une infinie tristesse, d’une éblouissante beauté.

Et qu’en est-il de l’homme ? Irrespectueux, insupportable, odieux, insultant. Rien de moins ! Et pourtant, c’est bien de ce cerveau torturé que sont sortis les plus beaux vers de la poésie française.

Jean Teulé nous dresse le portrait d’un Baudelaire inconnu, aussi insupportable qu’attachant, insolent dandy, et plonge dans les mystères de sa création.

En suivant Charles dans ses pérégrinations, on comprend mieux le sens de ses poèmes.

Présentation de l’éditeur

Si l’œuvre éblouit, l’homme était détestable. Charles Baudelaire ne respectait rien, ne supportait aucune obligation envers qui que ce soit, déversait sur tous ceux qui l’approchaient les pires insanités.

Drogué jusqu’à la moelle, dandy halluciné, il n’eut jamais d’autre ambition que de saisir cette beauté qui lui ravageait la tête et de la transmettre grâce à la poésie. Dans ses vers qu’il travaillait sans relâche, il a voulu réunir dans une même musique l’ignoble et le sublime. Il a écrit cent poèmes qu’il a jetés à la face de l’humanité. Cent fleurs du mal qui ont changé le destin de la poésie française.

Jean Teulé aime à se glisser dans l’ombre des poètes (Rimbaud, Verlaine, Villon et maintenant Baudelaire) que le temps et la postérité ont figés dans la pierre des mémoires collectives. Il leur prête sa sensibilité, son rire, sa gourmandise, sa sensualité, ses abîmes. Et soudain, la vie.

Extrait

— Crénom !

Au sortir du portail baroque de l’église Saint-Loup de Namur, un homme qui aura bientôt quarante-six ans loupe une marche et tombe sur le front, à même le parvis, en jurant. Des deux qui l’accompagnent, le plus jeune – fringant trentenaire rigolard et bariolé à l’accent wallon très prononcé – fait mine d’être offusqué par ce qu’il vient d’entendre :

— Même en utilisant sa forme contractée, on ne sort pas d’une église en s’écriant : « Sacré nom de Dieu ! » Ça n’est pas possible ça, sais-tu, monsieur ?! Le Seigneur vous aura puni !

Le second ami – corpulent personnage autrement raisonnable –, déjà accroupi près du corps à plat ventre, le retourne sur le dos en lui disant dans un français plus conventionnel :

— Eh bien dites donc, quelle chute, hein ?!

— Crénom…, paraît ne pas en revenir l’accidenté aux airs devenus complètement ahuris.

— Il est sonné. Félicien, prenons-le chacun sous une aisselle pour le remettre sur pied.

Le jeune Belge farfelu le hisse du côté droit pendant que l’autre, qui parvient à le maintenir bien en appui sur la jambe gauche, s’en trouve soulagé. « Ça va, on peut vous lâcher ? » demande-t-il en écartant un peu ses paumes, mais la victime, répétant « Crénom », bascule vers Félicien qui s’en amuse :

— Vous choisissez de plonger dans mes bras plutôt qu’entre ceux d’Auguste ! Merci ! Cela me met en bonne gaieté.

— Mais redressez-le, bon sang, Félicien ! Soyez sérieux, s’agace Auguste.      

— J’essaie mais il s’écroule par là. Regardez ce bras, qui semble n’avoir plus d’énergie, comme il balance. Et en dessous, cette jambe, si je l’attrape par le pantalon, elle ondule telle de la guimauve. On dirait qu’il est devenu, de ce côté-ci, une poupée de chiffon.                                           …/…