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Le dernier hiver du Cid – Jérôme Garcin

Quatrième - Résumé

Il y a soixante ans, le 25 novembre 1959, disparaissait Gérard Philipe. Il avait trente-six ans. Juste avant sa mort, ignorant la gravité de son mal, il annotait encore des tragédies grecques, rêvait d’incarner Hamlet et se préparait à devenir, au cinéma, le Edmond Dantès du Comte de Monte-Cristo. C’est qu’il croyait avoir la vie devant lui. Du dernier été à Ramatuelle au dernier hiver parisien, semaine après semaine, jour après jour, l’acteur le plus accompli de sa génération se préparait, en vérité, à son plus grand rôle, celui d’un éternel jeune homme.

Jérôme Garcin est l’auteur d’une vingtaine de livres publiés aux Editions Gallimard. Il est le gendre de Gérard Philippe.

Gérard Philippe a incarné, avec une grâce et un éclat exemplaire une série de héros qui lui sont devenus inséparables. Et, cinquante et un ans après la mort de cet archange foudroyé en pleine jeunesse, tous les témoins du miracle en demeurent éblouis à jamais. Il était du destin de Gérard Philippe d’incarner sans qu’elles ne soient jamais flétries, la grâce, la beauté, la générosité, la pureté de la jeunesse, comme acteur et comme homme.

Cinquante et un ans après sa disparition, dans la gloire d’une vie devenue légendaire, Gérard Philippe est un mythe vivant au cœur de ses camarades. Qu’un être humain ait pu cristalliser autour d’une image sans mensonge une telle charge de dévotion, d’amitié fervente et d’amour chez tous ceux qui l’ont connu, est un fait unique dans l’histoire du théâtre e du cinéma.

A tous ceux qui l’on vu et connu comme pour tous ceux qui l’ont approché, Gérard Philippe qui avait pourtant vécu que « Le temps d’un soupir » a gravé à jamais dans nos mémoires un souvenir impérissable.

Jean-Michel Loizeau

On en parle

  26 juin 2020

Le dernier hiver du Cid est le récit poignant des dernières semaines de Gérard Philippe, un peu gâché quand même par un Jérôme Garcin qui s’écoute écrire et abuse des envolées lyriques et références aux héros incarnés par le comédien.
Ainsi parlant du chirurgien qui l’a opéré et annoncé sa fin imminente à Anne, son épouse, Garcin écrit :

 « Il se souvient d’être allé voir le Cid … Ce soir-là, il découvrit que, malgré le col trop amidonné du pourpoint, Rodrigue avait la grâce, que la voix d’un guerrier pouvait être caressante et que portées par une sincérité qui frôlait l’innocence, ces vieilles stances pouvaient être d’une candeur éclatante. Même la manière dont il allait embrasser Don Diègue était joyeuse. La tragédie renouait avec l’espagnolade. La Castille était lumineuse. On ne sentait ni le poids du palais ni la lourdeur des étoffes. Le théâtre exultait de vie et descendait dans celle des spectateurs. El Cid rayonnait. »
Bien sûr, on peut comprendre Jérôme Garcin en gendre admiratif d’un parfait héros de tragédie, jusqu’à sa vie écourtée par la maladie. Un héros beau, humain, sympathique attirant la lumière et les foules. Passant outre les railleries des tenants de la Nouvelle Vague. Épousant une femme discrète à la beauté imparfaite alors qu’il a tenu dans ses bras les plus brillantes et belles des comédiennes. Un jeune héros résolument de gauche qui ne retira jamais ni son aide ni son affection à son père Marcel, collabo nationaliste condamné à mort par contumace, réfugié en Espagne.
Finalement Gérard Philippe apparaît un être singulier sans fioritures inutiles. Et malgré les réserves de style, moi qui n’avais pas d’intérêt particulier pour Gérard Philippe (livre lu dans le cadre d’un cercle de lecture), contre toute attente, j’ai trouvé ce livre touchant et me suis attachée à la personnalité du comédien. Je peux même dire que grâce à Jérôme Garcin, j’ai découvert un être engagé et sensible qui m’a émue.


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