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- Tourner les pages au gré du vent ! -

La solitude des nombres premiers – Paolo Giordano

Bonjour à tous,

Un nouveau livre cette semaine, proposé par Jean-Michel : « La solitude des nombres » de Paolo Giordano.
Cet écrivain italien contemporain nous emmènera à la rencontre d’adolescents surdoués, ferrus de mathématique.
En chemin vers l’âge adulte, leurs histoires s’entrecroisent  à la recherche de leur place dans la vie.
Chaque semaine nous essayons de vous donner l’envie de lire des ouvrages toujours différents, en souhaitant que vous trouverez votre bonheur au gré des mercredis !

Si vous avez des remarques ou également des livres à proposer, n’hésitez pas !

Prenez soin de vous, encore quelques temps, les amandiers sont en fleurs donc le printemps s’en vient doucement !  Allez courage ! On le vaincra ce virus !

A mercredi prochain, bonne lecture,

Biographie de l'auteur

Paolo Giordano

 Né le 19 décembre 1982 à Turin il est un écrivain italien contemporain. En 2008, le prestigieux prix Strega lui est attribué pour son premier roman, La Solitude des nombres premiers, dont il est le plus jeune lauréat.

Diplômé au lycée public scientifique « Gino Segré », à Turin, il présente une thèse en physique des interactions fondamentales à l’université de Turin, où il étudie les propriétés des quark bottom.

Auteur du roman La Solitude des nombres premiers édité par Mondadori en janvier 2008, il remporte la même année le prix Campiello « première œuvre » et le prix Strega : à 26 ans, il devient le plus jeune auteur à être couronné de ce prix majeur de la littérature italienne. En janvier 2010, le classement de plusieurs magazines dédiés à l’édition, dont Livres-Hebdo en France et The Bookseller en Grande-Bretagne, le place à la quatrième place des écrivains de fiction les plus vendus en Europe en 2009. En 2012, les ventes de son premier roman dépassent les deux millions d’exemplaires, rien qu’en Italie, et le livre est traduit en une vingtaine de langues.

En octobre 2012, Mondadori publie son second roman, Il corpo umano, traduit en français par Nathalie Bauer sous le titre Le Corps humain (Seuil, 22 août 2013).

Œuvres

La Solitude des nombres premiers, Paris, Seuil, 2009.

Le Corps humain, Paris, Seuil, 2013.

Les Humeurs insolubles, Paris, Seuil, 2015.

Dévorer le Ciel Paris, Seuil, 2019.

Contagions, Paris, Seuil, 2020.

Au cinéma

La Solitude des nombres premiers est un film franco-germano-italien de Saverio Costanzo, sorti en 2010. Il est adapté du livre du même nom, écrit par Paolo Giordano et paru en 2008.

Date de sortie : 4 mai 2011 (France)

Réalisateur : Saverio Costanzo

Bande originale : Mike Patton

1er Prix de la Presse italienne 2011

1er prix Panorama du cinéma de Meyzieu 2011

2 Nominations à la Mostra de Venise :

 D’après l’œuvre originale de : Paolo Giordano.

4e de couverture

Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes ; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair. Mattia, jeune surdoué, passionné de mathématiques, en est persuadé : il compte parmi ces nombres, et Alice, dont il fait la connaissance au lycée, ne peut être que sa jumelle. Même passé douloureux, même solitude à la fois voulue et subie, même difficulté à réduire la distance qui les isole des autres. De l’adolescence à l’âge adulte, leurs existences ne cesseront de se croiser, de s’effleurer et de s’éloigner dans l’effort d’effacer les obstacles qui les séparent. Paolo Giordano scrute avec une touche troublante de précision les sentiments de ses personnages qui peinent à grandir et à trouver leur place dans la vie. Ces adolescents à la fois violents et fragiles, durs et tendres, brillantes et désespérés continueront longtemps à nous habiter.

Extrait

Mattia avait raison : les jours avaient glissé les uns après les autres sur leur peau tel un solvant, chacun soustrayant une fine couche de pigments au tatouage d’Alice et à leurs souvenirs. Les contours du dessin, tout comme les circonstances, étaient encore là, noirs et bine tracés, mais les couleurs s’étaient mélangées et délavées, adoptant une nuance éteinte et uniforme, vide de toute signification.

Les années du lycée avaient constitué une blessure ouverte, que Mattia et Alice avaient jugée trop profonde pour qu’elle cicatrise. Ils les avaient traversées en apnée ; lui, refusant le monde ; elle, se sentant refusée par le monde, et ils s’étaient aperçus que cela ne faisait pas beaucoup de différence. Ils s’étaient construit une amitié bancale et asymétrique, composée de longues absences et de grands silences, un espace vide et propre où ils avaient tout le loisir de reprendre haleine quand les murs du lycée se rétrécissaient au point de les étouffer.

Puis, avec le temps, la blessure de l’adolescence avait cicatrisé. Les pans de peaux s’étaient rapprochés en des mouvements imperceptibles mais continus. A chaque abrasion, la croûte cédait, cependant elle se reformait obstinément, plus sombre et plus épaisse qu’avant. Enfin, une nouvelle couche de peau, lisse et élastique, avait remplacé celle qui manquait. La cicatrice avait blanchi et fini par se confondre avec toute les autres.