Bonjour à tous,
Aujourd’hui je vous présente un livre drôle (c’est important en ces temps moroses).
Donc ce livre drôle est signé Didier Van Cauwelaert : J’ai perdu Albert.
Roman qui s’attaque aux enjeux planétaires avec spiritualité et humour.

Résumé
Chloé, jeune médium que s’arrachent les grands chefs d’entreprises, les hommes politiques et la jet set, abrite en elle depuis l’enfance l’esprit d’Albert Einstein. Mais, prise au piège de son succès, elle en fait trop ! Surmenée, les informations ne « passent » plus. Alors Albert décide de déménager… Pour le meilleur et pour le pire, il s’installe dans Zac, un dépressif cartésien, apiculteur en déroute et garçon de café. Devenus indissociables et complémentaires, parce que l’un détient le « génie » et l’autre son mode d’emploi, Zac et Chloé, ces deux êtres que tout oppose, vont vivre en 48 heures le plus hallucinant des «ménages à trois»…
Extrait
Je suis la voyante la plus en vue du pays et, depuis hier midi, je ne vois plus rien. Dans ma situation, c’est une catastrophe planétaire : des laboratoires pharmaceutiques aux compagnies pétrolières, des coulisses du show-biz à l’état-major de l’OTAN, une centaine de décideurs et de cœurs en souffrance, suspendus aux informations que je reçois, ne prennent aucune initiative sans me consulter. Et j’ai beau me concentrer, faire le vide, supplier, menacer : rien. Albert ne répond plus.
Je me rends compte à présent qu’il y a eu des signes avant-coureurs. Sur le moment, je n’y ai guère prêté attention, les mettant au compte du surmenage etdu stress affectif. Mais c’est un fait, plusieurs couacs ont précédé le silence.
Tout a commencé avec Mme Le Couidec-Mertens. L’héritière des pneus les plus vendus en Europe, soixante-treize ans, rechapée de la tête aux pieds, mariée depuis six mois au quadra sexy qui lui enseignait le yoga. Surgissant dans mon cabinet au moment où je bouclais ma valise, la chef d’entreprise, caraco fuchsia sous son tailleur austère et accroche-cœurs dans sa choucroute de cheveux platine, s’est plainte d’une impression bizarre par rapport à ce que je lui avais dit samedi.
– Je ne me rappelle jamais ce que j’ai dit, vous le savez.
– À propos de Sébastien, enchaîne-t-elle de sa voix d’actionnaire majoritaire ignorant les objections. Un bel homme comme lui, c’est normal qu’il fasse un petit écart de temps en temps, mais vous m’assuriez que c’était fini…
Je referme la valise, lui prends le poignet à contrecœur en fermant les yeux. Nelly passe une tête dans le bureau pour me lancer d’une voix neutre :
– M. Grimal est en bas.
– J’arrive.
Derrière mes paupières closes, je visualise Albert comme je le fais toujours, et je lui passe mentalement la parole. J’entends dans un coin de mon cerveau que l’industrielle va entrer dans une grande période de chance. Je lui transmets, elle rétorque. Elle a des mauvais pressentiments depuis trois jours : quand elle traverse la rue, elle a une peur bleue de se faire renverser.
Je la coupe en empoignant ma valise :
– Ne projetez pas de négatif, je vous dis que tout ira bien. Je me suis déjà trompée ?
