Bonjour à tous,
Une fois n’est pas coutume rendez-vous du mercredi, un mardi !
Oui, demain je risque d’avoir une coupure d’internet (installation de la fibre) donc je prends mes dispositions, car je sais que vous attendez ce rendez-vous !
J’ai voulu cette semaine vous mettre un livre de cet excellent auteur, Eric-Emmanuel Schmitt, un livre qui se lit vite, qui est frais je trouve, plein d’humour, décrit tel un conte, empreint de beaucoup d’humanité.
Bonne lecture !
Sylvie pour l’Autan des Livres

Résumé
Félix 12 ans, vit seul avec sa maman, originaire du Sénégal. Ils sont installés à Paris dans un petit bistrot que Fatou appelle « Au boulot » pour la bonne raison que les hommes appuyés au zinc pour boire un verre répondent invariablement à leurs femmes qui téléphonent et leur demandent où ils sont : « Au boulot ».
Elle répand sa bonne humeur tout au long des jours, est très protectrice et affectueuse envers son garçon à qui elle prétend qu’il est le fils du Saint-Esprit et pour cause, on découvrira plus tard la vérité.
Lorsqu’elle voudra racheter l’épicerie voisine, Fatou va être confrontée à la méchanceté des notaires rapaces et menteurs.
Cela la plonge dans un mutisme et des comportements étranges. Arrive Bamba du Sénégal qui va se frotter aux marabouts escrocs de la ville de Paris.
Ce n’est qu’en présence du gamin, de son père enfin revenu, qu’ils s’envoleront pour le pays de Fatou pour essayer grâce à ses racines natales de la faire revenir à la vie.
Extrait
Maman m’élevait seule, car elle m’avait conçu avec le Saint-Esprit.
Qu’elle m’ait conçu avec le Saint-Esprit m’arrangeait bien. Pas besoin de père entre elle et moi. Si à l’occasion elle s’éclipsait deux ou trois heures chez un fiancé, elle ne m’imposait aucun mâle à la maison. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours saisi qu’à ses yeux je représentais tout ; nourrisson, j’avais relevé le défi : je lui offrais un amour dépourvu de retenue.
À Belleville, chacun savait qu’elle m’avait conçu avec le Saint-Esprit puisqu’elle le serinait aux voisins, à la clientèle, aux institutrices, aux parents d’élèves, à mes camarades. L’ébahissement passé, ils m’enviaient cette ascendance ; certains, pour plaisanter, m’appelaient parfois Jésus, ce que j’acceptais, bon joueur, parce que j’estimais normal, devant un cas si exceptionnel, d’évoquer les rares précédents.
Il n’y avait aucun doute que Maman m’avait conçu avec le Saint-Esprit, attendu qu’on en possédait la preuve officielle : le Saint-Esprit m’avait reconnu sur mon acte de naissance. Si ! Il s’était déplacé en personne jusqu’à la mairie. Ensuite, on ne l’avait plus revu.

PS : Ah ! j’oubliais vous avez un bonus cette semaine ! chanceux ! dans un livre qu’on m’a offert afin que je me mette à l’occitan (hi hi hi !) je découvre des « pépites » alors je les partage avec vous ! Voici la première…
Le vent d’autan
En lenga nostra, vous dites l’autan.
Autan qui vient du latin altanus et qui correspond au vent qui souffle de la haute mer. Quand le vent d’autan sévit, il peut vous rendre fou (vos pot far venir far, fol, caluc). Aquela puta d’autan faguèt derralhar un tren Tolosa-Revèl lo 4 de mai de 1916 (« ce satané vent d’autan fit dérailler un train Toulouse-Revel le 4 mai 1916 »). L’autan est plutôt un vent chaud et sec. Et dès qu’il s’arrête, la pluie n’est en général pas très loin. En Gascogne toulousaine, on peut entendre cette expression : Jamès l’autan n’ei mort de set (« le vent d’autan n’est jamais mort de soif »). On peut également dire : vent d’autan, pluèja per deman (« vent d’autan, pluie pour demain »). Quand le vent d’autan souffle, c’est plutôt mauvais signe pour la météo des jours suivants : L’autan del dissabte va cap a Montaudran e se’n torna lo dimenge en plorant. (« l’autan du samedi va à Montaudran et revient le dimanche pleurant »). Il existe une autre expression, toujours avec les jours de la semaine : L’autan del diluns, lo dimars ne pot bufar quin jorn que sia de la setmana. (« finalement, le vent d’autan peut souffler n’importe quel jour de la semaine »).
(Page 44 – Mots d’oc Mots d’ici de Géraud Delbès – Chroniques savoureuses autour de l’occitan)
